Le 9 juin 2021 sonnait le retour officiel du bureau en présentiel. Même si le télétravail demeure recommandé, les entreprises ont déjà entamé le virage du travail hybride, entre présentiel et télétravail. Un tournant initié dans la plupart des entreprises françaises, mais non sans difficultés. Le temps d’une table ronde réunissant différents acteurs du paysage économique lillois, Newton Haute Borne est devenu le théâtre de l’évolution des modes de travail sur la Métropole Européenne de Lille. Retour sur cet événement riche en enseignements, accueilli avec un soleil méditerranéen éblouissant la terrasse panoramique du 1er site Newton Offices du Nord de la France.

Quel dynamisme économique à Lille depuis le début de la crise sanitaire ?

Selon François Navarro, Directeur Général de l’agence d’attractivité Hello Lille : « La crise n’a pas fait baisser le nombre de lancements de projets sur la métropole. On assiste néanmoins à des transformations de l’organisation interne des entreprises et à une demande croissante d’espaces aménagés en flex office, coworking… L’idée est donc de se positionner en tant que territoire susceptible d’accueillir des entreprises dans ce type de lieux. Aussi bien des entreprises parisiennes qui font le choix de délocaliser certains services, que des petites entreprises qui souhaitent tester un marché sans pour autant s’engager dans un bail 3-6-9. »

Comment se porte la demande de location de bureaux à Lille depuis le début de la crise ?

« Depuis le déconfinement, la métropole de Lille a enregistré une demande croissante de locations de bureaux, note Guillaume Pellegrin, Président Fondateur de Newton Offices, leader des solutions de bureaux flexibles en régions. « Pour Newton Offices, il était évident qu’il fallait être présent à Lille, métropole très dynamique dans le tertiaire, avec l’implantation de plusieurs immeubles de bureaux. Nous avons actuellement un premier site, Newton Haute Borne, situé à Villeneuve d’Ascq, qui sera bientôt suivi de deux autres sites Newton dans le Nord, à Marcq-en-Barœul et à Euralille, dont l’ouverture est prévue en 2023 et 2025. »

New call-to-action

Quel impact la crise sanitaire a-t-elle eu sur le secteur de l’immobilier de bureau ?

Selon Antoine Leostic, Associate Director CBRE Hauts-de-France : « En 2020, nous avons enregistré une baisse de la demande placée de 48% par rapport à 2019. Cette baisse est particulièrement marquée sur les grandes transactions de plus de 1000 m2, tandis que les deals inférieurs à cette surface se sont montrés résilients. Aujourd’hui, on note que de plus en plus de PME souhaitent se porter acquéreuses de leurs locaux, tandis que les grands comptes sont en recherche d’agilité et de flexibilité. Avec le développement du télétravail, on recherche moins d’espace, moins de m2, mais avec une meilleure qualité de services. Globalement, on estime que les besoins en m2 baisseront d’environ 15% à horizon 5-8 ans. »

Quel impact la covid-19 a-t-elle eu sur les nouveaux modes de travail ?

Guillaume Pellegrin présente les résultats d’un sondage réalisé par Newton Offices en juin 2021 qui a permis de dessiner quelques tendances sur les nouveaux modes de travail, notamment en local. « On note un écart 80-20 : 80% veulent retourner majoritairement au bureau ou alterner entre présentiel et télétravail, tandis que 20% préfère télétravailler. La question qui se pose ensuite est de savoir ce qu’est télétravailler ? Est-ce le home-office ou le télétravail depuis un tiers lieu ? Ensuite, on note que la majorité des salariés souhaite télétravailler 1 à 2 jours par semaine. À Lille, cette moyenne est supérieure puisqu’elle s’élève à 2-3 jours par semaine. Ce que révèle encore ce sondage, c’est que les deux principales motivations pour télétravailler sont le temps de transport et la qualité des bureaux (la lumière, l’acoustique, l’ergonomie, l’expérience au travail). Alors, 1, 2, ou 3 jours de télétravail ? Ce qu’on sait à ce stade, c’est que le télétravail va durer et qu’il faut privilégier les expériences plus flexibles au bureau. »

Comment les entreprises de la MEL s’adaptent-elles déjà à cette nouvelle donne ?

Alexandra Schiltz est la Directrice du Move Factory, un projet qui vise à créer le futur siège social du groupe Mobivia (Norauto, Midas, Auto 5…) et qui s’inscrit parfaitement dans cette tendance. « Ce siège social écosystème, né avant la crise du covid-19, a vocation à rassembler toute l’équipe – un millier de collaborateurs – dans un nouveau site qui leur offrira les meilleurs outils, mais aussi un lieu où il fait bon vivre et travailler. On a voulu allier la performance des outils, la configuration des espaces et les meilleures pratiques managériales pour aller vers plus de transversalité. Le projet s’inscrit dans une logique de travail hybride, impliquant un redimensionnement des bureaux et une proposition variée d’outils de travail pour proposer à nos collaborateurs la meilleure expérience utilisateur. C’est ce qu’on appelle le « corpoworking », un point de rencontre entre tous les acteurs de l’entreprise. Et de ces rencontres vont naître des projets. »

Comment les entreprises du Nord s’adaptent-elles déjà à cette nouvelle donne ?

Selon François Navarro, Directeur Général de l’agence d’attractivité Hello Lille : « La bonne nouvelle, c’est qu’on observe une véritable stabilité du prix de l’immobilier d’entreprise dans la MEL et un faible taux de vacance des bureaux. Par ailleurs, on ressent à Paris une réelle envie d’ailleurs, tant pour les entreprises que pour les salariés. Mais cela ne veut pas dire que cet ailleurs, c’est Lille. Notre objectif est bien sûr de rendre la métropole lilloise particulièrement attractive. » Un mouvement que confirme le sondage mené par Newton Offices, selon lequel 35% des français veulent ou ont déménagé depuis le début de la crise. On note que le Nord de la France reste la destination privilégiée par les Lillois en quête d’un nouvel air, preuve de l’attachement des Nordistes pour leur région.

Si vous aviez un conseil à donner aux chefs d’entreprise en matière de gestion de leurs bureaux ?

Selon Guillaume Pellegrin : « Aujourd’hui on ne sait pas précisément sous quelle forme va s’exercer le télétravail et dans quelles conditions. Ce flou pousse à la flexibilité et à la liberté. Les entreprises vont donc naturellement se tourner vers des contrats souples qui n’engagent pas sur 9 ans. Ensuite, il faut miser sur la qualité de vie au travail, le bureau doit offrir une meilleure expérience que le home-office. Au-delà de cela, le bureau doit offrir une expérience sociale et devenir un lieu de rencontre. Il me semble donc que la part de bureaux flexibles, qui s’élève aujourd’hui à 2% seulement, va considérablement augmenter et il faut le voir comme une opportunité pour les entreprises. Le meilleur conseil que je puisse leur donner est de ne pas signer de bail 3-6-9 tant que leur visibilité à moyen terme n’est pas stabilisée. Il y aura de plus en plus de solutions proposant de la flexibilité, le bail commercial n’est plus une fatalité.»

Quel est l’avenir du bureau flexible sur la métropole ?

Pour Antoine Leostic, Associate Director CBRE Hauts-de-France : « Aujourd’hui il est encore compliqué de remettre à plat le bail 3-6-9 qui demeure un repère pour les investisseurs. Néanmoins d’autres lieux alternatifs se développent : home-office, coworking, tiers lieux… Ces nouveaux modes de travail vont très certainement se multiplier. Le télétravail aussi va se globaliser à raison de 2 jours par semaine. Sur la métropole, on a déjà des espaces flexibles comme ceux proposés par Newton Offices, et d’autres sites vont prochainement voir le jour…»