Table ronde : quel avenir pour Techlid d’ici 2030 ?

Deuxième pôle économique de la Métropole de Lyon, Techlid (pour pour Technopole – Ecully – Champagne – LImonest et Dardilly) s’étend au nord-ouest de la Capitale des Gaules. Plus excentré que le célèbre quartier de la Part Dieu, Techlid n’en reste pas moins attractif pour les entreprises. Tour d’horizon du technopole, ses points forts, ses axes d’amélioration et son avenir, vu par des acteurs locaux majeurs.

C’est sur un chantier de 12 000 m2, celui de l’immeuble Newton Offices Lime, que Guillaume Pellegrin, Président et Fondateur de Newton Offices a donné rendez-vous à 3 personnalités qui connaissent parfaitement Techlid :

  • Max Vincent, Maire de Limonest
  • Benjamin Declas, Président Directeur Général d’EDF-ENR, 
  • Fréderic Mouton, Directeur régional de Sopra Steria 

L’occasion d’échanger, devant près de 100 professionnels de l’ouest lyonnais au sujet de Techlid et de comprendre ce qui fait de la 2e zone d’activité de la métropole lyonnaise un technopole si particulier.

À l’heure où l’on entend que le besoin de centralité est essentiel dans la course aux talents, Techlid réussit un pari qui va à contre-courant des tendances de marché.

Cet environnement préservé en pleine verdure attire 16 000 entreprises pour plus de 70 000 emplois de l’entreprise internationale à la TPE en croissance en passant par des ETI bien installées et des PME innovantes.

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Comment Techlid a réussi à s’imposer comme un écosystème reconnu dans la métropole lyonnaise ?

« Dès 1988, il a été décidé de créer une zone d’activité, que nous avons alors appelée Techlid, la technopole verte. Cette ZAC a été développée en association avec quatre communes dans le but de promouvoir le pôle tertiaire de Lyon. Le choix de développer une zone d’activité plutôt que des logements s’est imposé, car, à l’époque, la Société d’Economie Régionale, avait commencé à créer une zone d’activité à Dardilly. Cette zone se développait autour du château d’eau, point de liaison entre les quatre communes, à savoir Dardilly, Ecully, Champagne au Mont d’Or et Limonest. Pour nous, il fallait absolument équilibrer le développement de la métropole lyonnaise en proposant ce pôle tertiaire au nord-ouest de la ville. Actuellement, ce pôle est très important, puisqu’il est composé de plus de 5000 entreprises », explique le maire de Limonest, Max Vincent.

Pourquoi installer son entreprise sur le Techlid à Limonest ?

« EDF-ENR est installé depuis 2019 dans la ZAC du Puy d’Or », explique Benjamin Declas, Président Directeur Général de l’entreprise. « Pour une société comme la nôtre, qui double son chiffre d’affaires chaque année, nous avons un besoin de recrutement important, nous recrutons 500 personnes à l’année dont plus de 100 personnes au siège à Limonest. Nous avons donc besoin de recruter de nombreux talents. Or, pour attirer ces talents, nous devons leur fournir des conditions de travail adaptées et des conditions idéales. Soulignons que les jeunes d’aujourd’hui ne vivent pas que pour leur travail mais également pour ce qui est autour du travail. Pour répondre à cette problématique, l’entreprise doit fournir un écosystème complet répondant à la fois aux besoins du salarié pour son travail et à ses besoins annexes. »

« Techlid apporte la réponse idéale, puisque la zone propose une offre adéquate, à savoir un cadre de vie agréable et des services variés (possibilité de déjeuner en terrasse, de faire ses courses…). Techlid intéresse la nouvelle génération qui souhaite l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Au sein de l’entreprise, nous souhaitons vraiment offrir ce type de services à nos collaborateurs. En plus, l’emplacement de Techlid est extrêmement favorable pour tout le bassin lyonnais. Dans l’entreprise, 25% des salariés viennent du Beaujolais, 25% viennent du centre-ville, 25% de l’ouest lyonnais et 25% de l’est lyonnais. »

En quoi Techlid répond aux besoins des entreprises ?

« Je suis arrivé en 2008 dans l’entreprise. Nous étions alors près de 55.000 dans le monde, 2.500 dans la région et 300 à Ecully », explique Frédéric Mouton, Directeur Régional de Sopra Steria. « Nous avons choisi d’installer Sopra Steria à Limonest en 2013 pour trois raisons. La première raison est une raison sociale. Quand notre entreprise a souhaité changer de locaux, nous avons regardé où habitait la plupart de nos collaborateurs. Nous en avons conclu que l’emplacement de Techlid était un lieu adapté aux lieux de vie de nos salariés. »

« La deuxième raison est d’ordre financier. Le prix du mètre carré est entré dans le choix de notre décision. Et la dernière raison de notre installation est liée à notre histoire et notre ADN. Nous voulions un type de bâtiment qui répondait à la manière dont nous voulions exercer notre métier. Il faut savoir que nous recrutons 80 % de premiers emplois dont la moyenne d’âge se situe entre 24 et 26 ans. Pour cette génération, la voiture ne tient pas une place essentielle comme il y a trente ans. Pour nous, le centre-ville était tout à fait envisageable. Cependant, nous n’avons pas opté pour cette solution. En effet, les bâtiments du centre-ville ne répondaient pas à nos critères : il n’y avait pas d’open space, pas de distribution centrale qui favorise l’échange entre salariés… »

« À Limonest, nous avons trouvé l’environnement idéal et des bureaux pour près de 1.200 salariés avec une possibilité d’extension si nous le souhaitions. Le COVID étant passé par là en 2019, avec les accords de télétravail, la manière de travailler a changé. Le télétravail s’est beaucoup développé et les besoins des salariés ont évolué », explique Frédéric Mouton. « Nous avons confirmé notre présence à Techlid et nous en avons profité pour réaménager totalement l’intérieur dans le but de moderniser et de rendre plus agréables les conditions de travail de nos collaborateurs. Dans les locaux, les salariés ont besoin de plus de salles de réunions, plus d’open spaces, des petits espaces pour s’isoler pour passer des coups de téléphone… Aujourd’hui, les réunions à distance se doivent d’être audibles, compréhensibles et efficaces entre deux équipes qui ne sont pas au même endroit. »

Des pistes pour améliorer la mobilité urbaine à Limonest

« Un grand panel de jeunes salariés n’a pas le permis de conduire », explique Frédéric Mouton. « Nous ne pouvons pas envisager le développement de cette zone sans penser à la mobilité urbaine. Certes, il y a plus de bus qu’avant, mais ce mode de transport reste compliqué en termes de fréquence et de temps. Pour le moment, nous n’avons pas encore perçu les effets bénéfiques de la déclassification de l’A6 et l’A7 avec les modes de déplacements doux. Même si sur le papier, le projet semble prometteur. Encore aujourd’hui, même si le métier que nous exerçons est passionnant avec des projets intéressants, le temps de trajet, l’accessibilité et le manque de transports sur la zone sont un frein à notre développement. Nous passons malheureusement à côté de recrutements structurants, car nous manquons d’attractivité sur cet axe-là. La mobilité urbaine est un vrai sujet de préoccupation pour nous les entreprises. »

« En tant qu’investisseur immobilier, je ne peux que confirmer que la mobilité est un critère essentiel », explique Guillaume Pellegrin, Fondateur et CEO de Newton Offices. « Il existe à Techlid un vrai dynamisme et c’est pour cela que nous avons choisi d’y installer Newton Offices, malgré le manque d’infrastructures de transports. Nous pouvons être témoins qu’un euro d’argent public investi dans des infrastructures de transports en commun permet X euros d’aide d’investissements privés. Il faut donc voir le développement de la mobilité comme un investissement ».

« De notre côté, nous avons une vraie demande de la part des salariés concernant les pistes cyclables », complète Benjamin Declas. « Sur près de 280 salariés présents au siège d’EDF-ENR, près de 120 se déclarent prêts à utiliser des vélos électriques. Nous avons choisi d’investir dans une flotte de vélos électriques afin de les mettre à disposition des salariés. Cette demande émane des nouvelles générations. Pour autant, il ne faut pas seulement choisir un mode de transport mais il faut envisager de tous les développer. Nous avons également mis en place un système afin de favoriser le covoiturage. Il n’y a pas de place de parking pour tous, il faut donc covoiturer ! Grâce à la plateforme de covoiturage de la métropole, les salariés décident s’ils souhaitent être chauffeur ou covoituré. Dans les deux cas, l’entreprise récompense les salariés qui choisissent ce mode de transport. Il en est de même pour les salariés qui souhaitent investir dans un vélo électrique, ils reçoivent un soutien financier de l’entreprise. Nous passons quand même le pas d’investir dans une flotte de vélos électriques, car certains salariés n’ont pas la capacité d’acheter un vélo électrique, d’autres ne le souhaitent simplement pas, d’autres n’ont que des besoins ponctuels. »

Pour Fréderic Mouton, « il faut tout développer et multiplier les initiatives. Nous avons fait l’expérience de mettre à disposition une soixantaine de vélos auprès de nos salariés. L’expérience a été un succès. Je pense que nous aurions pu mettre 70 ou 80 vélos, ils auraient été pris. Au final, un salarié sur deux était prêt à continuer, on regarde donc pour généraliser l’expérience. Un salarié sur deux qui ne souhaitait pas poursuivre l’expérience trouvait cela trop dangereux. S’il existait des couloirs pour les vélos plus sécurisés, ils seraient rassurés. On tombe ici dans un cercle vertueux ! »

Selon Guillaume Pellegrin, « il y a plusieurs échelons sur lesquels nous pouvons intervenir. En tant qu’employeur de grand groupe, il est possible de développer une solution. Avec Newton Offices, nous avons dans nos locaux des TPE ou même des contrats avec des entreprises de 3 ou 4 salariés. Grâce à l’agrégat que nous proposons, ces entreprises peuvent accéder à des services mutualisés comme ces plateformes qui proposent des solutions de mobilité. » Avant de préciser « je ne parle pas ici des services mutualisés de l’immeuble comme les salles de sport, la restauration…  En tant que citoyens, nous avons conscience des problèmes, on devient anxieux et on ne sait pas comment réagir. En tant que dirigeants, nous devons être unis avec le politique. Ce n’est pas OU à chaque fois mais ET. Certes, l’avenir des infrastructures est métropolitain. Quand on est tout seul face à cette problématique, on se sent démuni face à ces enjeux environnementaux. Mais si nous sommes unis, nous verrons la solution ensemble », renchérit Guillaume Pellegrin.

Le recrutement, enjeu majeur des entreprises

Comment recruter et fidéliser les talents ? Pour Frédéric Mouton, « Avant de fidéliser, il faut recruter. Le recrutement est tout un art et ce n’est pas que dans notre industrie du numérique. Le Président de la Région va soutenir la formation d’ingénieurs. Comme déjà dit précédemment, nous recrutons 80% de premiers emplois issus des écoles d’ingénieur, commerce et universités de toute la France, avec forcément une forte proportion sur le Bassin. Mais on en manque ! » 

Pour Benjamin Declas : « Nous avons de la chance quant au recrutement car les métiers de la transition énergétique attirent beaucoup les personnes en reconversion. Nous ne rencontrons pas de difficultés à recruter, sauf dans les métiers de la construction dans les agences, comme les conducteurs de travaux. Sincèrement, je crois que la métropole lyonnaise est attractive. Le post COVID a donné envie aux parisiens de s’installer en province et Lyon fait partie des villes plébiscitées. La zone d’activité Techlid attire les personnes habitant à Lyon. Les candidats qui viennent chez nous sont époustouflés par l’environnement de travail et par la qualité des bâtiments ; un soin particulier y a été apporté sur cette ZAC du Puy d’Or. L’environnement séduit les candidats. D’ailleurs, nos équipes insistent pour faire venir les nouveaux collaborateurs sur place afin de leur montrer les locaux qui fournissent une image de qualité, une image de l’entreprise extrêmement bonne. Les managers en région insistent également afin que les salariés visitent le siège, car selon eux, cette visite va les engager encore plus dans l’entreprise. Nous avons les conditions idéales pour attirer les candidats dans cette zone ! »

« C’est évidemment une intuition que l’on avait et l’idée que l’on partage », explique Guillaume Pellegrin. « Récemment, nous avons publié l’Observatoire des Métropoles françaises, qui mesure le rayonnement et la perception qu’ont les chefs d’entreprise et les salariés du dynamisme des 12 premières métropoles françaises. La métropole lyonnaise arrive notamment numéro 1 en transition énergétique. Et puis pour les autres filières, santé, bien-être, industries, digital… Lyon est toujours sur le podium ! C’est pour cela que ce premier marché tertiaire régional fonctionne si bien : il accumule les avantages de la grande ville et les avantages des villes à taille plus humaine. Surtout dans ce coin de la métropole lyonnaise. C’est ce qui nous avait convaincus d’y investir. Quant au sujet de la mobilité, nous aimerions qu’un salarié puisse commencer sa journée en vélo, puis aller à 11h30 à La Part-Dieu avec un mode de transport économe en carbone. Pour finir dans l’Est et revenir dans l’Ouest. On regarde ça comme un flux, comment nos collaborateurs se déplacent et évoluent dans Lyon. On ne veut pas voir ça comme quelque chose de statique. »

Comment imaginez-vous le développement de Techlid d’ici 6 à 10 ans ?

« Aujourd’hui, il y a un problème de foncier », explique Max Vincent. « Nous avons épuisé toutes les possibilités de développement foncier sur la commune de Limonest. Si Techlid doit grandir, les activités se développeront sur place : aujourd’hui, on fait du R+3 ou R+4, tandis qu’auparavant, on faisait seulement un ou deux étages. Par exemple, Newton Offices a réussi à construire un immeuble parfaitement réussi. Et il y a d’autres projets qui s’intègrent très bien dans le paysage, sans qu’il n’y ait une trop grosse densité. Si on veut garder la qualité de la technopole verte, on doit veiller au grain. Par une architecture de qualité, nous avons des bâtiments qui s’intègrent dans le cadre de la transition écologique avec des économies d’énergie. Il faut savoir qu’il y a un contexte national, où l’on doit construire la ville sur la ville. On ne peut plus accepter l’étalement urbain. Il est vrai que l’on doit conserver les espaces naturels comme on l’ a fait sur la commune de Limonest. Sur 900 hectares, deux-tiers sont en zone naturelle et protégée. C’est pour cela que les salariés peuvent aller se balader à pied, utiliser la trame verte et la zone humide pour y trouver la fraîcheur l’été… C’est cet ensemble qui est agréable. Il ne faut pas bloquer tout le développement mais préserver le charme de l’endroit. »

Présent dans l’assemblée, Didier Caudard-Breille, Président du Groupe DCB International apporte un éclairage supplémentaire sur ce technopole qu’il connaît très bien. « J’ai toujours été très proche du Techlid. J’ai toujours adoré ce secteur. Le développement de cette commune s’est fait de manière incroyable. D’ailleurs je n’aurai jamais imaginé que ce développement arriverait à ce niveau-là. C’est une vraie réussite selon les professionnels lyonnais. Nous avons vu la transformation au fur et à mesure en tertiaire qui s’est renforcé avec l’arrivée d’activités adossées au tertiaire. On observe une mixité plus forte. Notamment l’hôtellerie qui est un élément essentiel montrant à quel point cette zone se développe. Je trouve génial d’avoir initié la démarche des vélos électriques. Vous vous êtes rendus compte d’une chose : c’est que vos salariés vous suivent ! Concrètement, le problème de mobilité n’est pas réservé à l’ouest de Lyon. Le centre-ville est difficile d’accès également. Nous sommes ravis d’avoir mis le siège de Blédina sur cette zone et d’avoir travaillé avec Newton Offices sur ce dossier. » Avant de conclure, « nous sommes suffisamment dynamiques, nous les acteurs locaux, les conseillers en immobilier sur Lyon pour pouvoir remplir les immeubles sans aide. Aide toi, le ciel t’aidera, exactement ce que vous avez fait pour le vélo électrique. »

Un échange riche en enseignements qui montre bien l’attractivité de ce technopôle si particulier mais qui laisse également entrevoir le chemin qu’il reste à parcourir sur la voie de l’amélioration. 

N’hésitez pas à nous contacter si vous recherchez des bureaux à Limonest. Nos experts de l’immobilier d’entreprise se feront un plaisir de vous guider dans votre démarche.

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